Si vous votez en France métropolitaine, que la composition politique des listes qui sont arrivées dans vos boites aux lettres vous paraissent parfois douteuses au regard de vos idéaux, sachez qu'il
y a pire ! La situation politique Polynésienne est devenue si pathétiquement ubuesque, voire tellement surréaliste, qu'on ne peut plus voter à Gauche.
Vous imaginez le supplice...
Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actu tahitiste de ces dernières semaines, je résume :
Pendant longtemps, Gaston Flosse, intime de notre menteur national dont il avait hérité des mêmes défauts en pire, a régné sans partage. Avec le soutien du RPR d'alors.
Il représentait l'Autonomie.
Durant la même période, Oscar Temaru, intime de notre chère Marie-Ségolène et par ailleurs illuminé mystique, a été son féroce opposant. Avec le soutien du PS.
Il représentait l'Indépendance.
Jusque là, me direz-vous, tout était logique. Encore que la laicité du PS en prenait un "sacré" coup. Surtout qu'Oscar avait tendance à coller des croix sur ses bulletins de vote. Mais bon, à la
lumière de ces dernières semaines, c'était de la roupie de sansonnet.
2004 : Gaston pressent que les élections vont mal se passer. Qu'à cela ne tienne, coup de fil à Jacquot et hop, modification de la loi électorale et prime majoritaire. Pour assurer le coup, on ne
sait jamais.
Manque de chance, Oscar est en tête et l'arroseur est arrosé par ses propres manigances.
Tout est encore à peu près normal...
Je vous passe les changements de majorité qui suivent, incompréhensibles pour tout intellect normalement constitué.
Bref, à la faveur de retournements rocambolesques, Gaston Le Grand, doit céder le pouvoir à l'un de ses hommes liges, Gaston Tong Sang, dit Gaston Iti, en français Gaston le petit.
Gaston Le Grand pense ainsi pouvoir gouverner en sous-main. Mais Gaston Iti, GTS pour ses fans, se prend au jeu et petit à petit s'émancipe. Ce qui n'a pas l'heur de plaire à son géniteur
politique.
Premier coup de théâtre : en juillet 2007, Gaston Flosse rencontre Oscar Temaru, pour sceller une sorte de paix des braves. Stupeur dans les deux camps qui se haissent depuis des lustres. Mais ici,
le metua, le chef, a toujours raison.
A la faveur d'une motion de censure GTS est renversé. Il fait décidément trop d'ombre. Oscar revient au pouvoir. On rigole presque tous les jours. Parfois jaune. Bourde sur bourde, un genre de
Sarkozy tahitiste. Version chanoine de Latran.
Et nous en arrivons au mois de février 2008. Elections territoriales. En clair on élit le parlement Polynésien.
GTS, fâché, à créé son propre parti. Les rouges. Avec le soutien de l'UMP. Pour une fois que l'UMP soutient quelque chose de rouge...Mais les ennemis de mes ennemis étant mes amis, l'Hyper
Président Nicolas Bruni se fait un malin plaisir de promouvoir son candidat contre celui de Jacquot.
Je sens que vous avez décroché.
Résumons le résultat des dernières élections :
En tête et de loin : les rouges UMP de GTS
Suivis des bleus d'Oscar
Bons derniers : les orange de Flosse
Tout le monde s'attend à une alliance entre les orange et les rouges sur une base autonomiste même si certains épisodes ont laissé des traces. De plus, 3 jours avant l'élection du Président à
l'assemblée territoriale, les Orange jurent, croix de bois, croix de fer, qu'en aucun cas, ils ne s'allieront avec les indépendantistes. Les Flossistes sont à la rue, ils sont ultra minoritaires en
terme de sièges. On en est à songer à les déclarer à WWF en tant qu'espèce en voie de disparition. Estrosi, motodidacte et accessoirement ministre de l'outre-mer appelle à l'union des autonomistes.
Les esprits s'échauffent. Ce type d'interventionnisme passe mal.
C'est le matin de l'élection du Président. Les rouges entrent dans l'hémicycle.
Etrangement seuls.
Et pour cause, les bleus et les orange se sont réunis dans une salle annexe contre toute attente, toute logique, toute parole donnée.
Une heure et demie plus tard, ils portent ensemble à la Présidence du pays ...
Gaston Flosse !!!!!
En clair : la "gauche polynésienne" a élu un chiraquien délinquant, ultra minoritaire dans le pays.
Le gagnant des élections a perdu et le perdant a gagné.
Donc, pour les municipales, comme on ne peut quand même pas voter UMP et que la gauche polynésienne est une farce indigeste, dimanche...plage ou sieste...ou sieste sur la plage.
Sauf s'il neige, et au point où on en est, cela ne m'étonnerait même pas !
Jean-Claude, toute proportion gardée, à Larmor nous proposons aux électeurs une solution motivante pour qu'ils n'aient pas à faire le choix de la plage.
bon soleil et sans doute bonne nuit... puisque je me lève tu dois aller te coucher.
Bruno
Commentaire n°1
posté par
Bruno
le 11/03/2008 à 06h20