Jeudi 21 juin 2007
Les sémantico-maniaques, dont je  fais  hélas partie, auront noté le  phénomène.

En France on n'est plus de "Droite" mais "Sarkozyste".

Ce qui revient à comprendre qu'une nouvelle idéologie est née, là récemment sous nos yeux, sans que nous y prenions garde.

Qu'est donc que le Sarkozysme ?

Résumons. On ne va pas y passer la nuit non plus.


Un homme fort, dont on loue les mérites incommensurables à longueur d'interviews, d'articles et de reportages. Cet homme est naturellement bon, tourné vers les autres, tolérant, ouvert au dilaogue, calme, humaniste, souriant, respectueux.

Puisqu'on nous l'affirme...

Une philosophie simple : on est ce que l'on a accepté ou souhaité de devenir.

Simple, on vous dit.

Une idéologie économique incontestable reposant sur quelques bases solides : le marché, le MEDEF, la rentabilité. Imparable dans la mesure où, c'est bien connu, chacun peut devenir petit patron, puis moyen et ensuite grand, avant d'entrer au CAC 40.

Si si, revenezà la ligne "philosophie".

Une technique de constitution de gouvernement : des gens de droite, des gens dont on fait croire qu'ils sont encore de gauche, des vrais-faux centristes, des radicaux libres, des noirs, des beurs, des anciens motards, des anciennes insoumises, des futurs ex sélectionneurs de rugby, des humoristes politiques, je dois en oublier. Vous rajouterez vous-mêmes.  L'objectif est clair : nous amener, tous autant que nous sommes, à nous retrouver dans l'un des personnages de ce catalogue à la Prévert.

S'identifier pour y croire. C'est assez subliminal et pour le moment relativement performant en terme de communication.

Heureusement que Maxime Le Forestier n'est pas à Matignon, car si ça se trouve, aujourd'hui je serais Sarkozyste, mais pas de Droite hein, entendons-nous bien.

Chacun remplacera Le Forestier par qui il souhaite. Pour s'identifier à mon propos.

Mince, serais-je atteint ?

Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Mardi 19 juin 2007
Vie privée, vie publique.

Le titre d'une émission de télévision et, depuis hier,  l'autre actualité du PS. Celle dont on se passerait. No comment.

Passons vite à autre chose. Ah si, quand même, le titre du livre : Les coulisses d'une défaite.

J'ajouterais "annoncée".

Car on avait tout ce qu'il fallait pour perdre :

- un couple, qui plus est mal en point, aux deux manettes principales.
- une candidate très peu charismatique.
- une dichotomie de campagne électorale.
- une campagne interne tardive et sans nul doute porteuse de divisions.
- des sondages en trompe l'oeil.
- une offre d'adhésion en solde sur le Net.
- des responsables nationaux usés.

- un adversaire redoutable.
- et surtout, et avant tout, un corpus idéologique flou entraînant des propositions inaudibles.

Tout recommence donc maintenant.

Mal pour le moment, j'ai l'impression. Mais je suis d'un naturel pessimiste, vous l'aurez remarqué.

Déjà des ambitions affirmées de leadership.

Déjà des propositions de changement de nom pour le PS.

Déjà donc, la fin avant le début.

Continuons donc. Cela nous permettra à coup sûr de remporter les municipales et très certainement les régionales. Puisque depuis un temps certain maintenant, ce sont les rôles secondaires que nous assigne l'électorat.

On a glosé pendant longtemps sur " la droite la plus bête du monde ". Souvenez-vous...

Comment définir une gauche qui, naturellement, devrait réunir sous sa bannière l'essentiel des travailleurs pauvres, des ouvriers et des classes moyennes, c'est-à-dire la majorité absolue de nos concitoyens et qui chroniquement, se fait coiffer dans les urnes par les chantres du libéralisme économique ?

Je vous laisse à votre imagination.


Portez-vous bien.











Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Samedi 16 juin 2007

Demain, second tour des législatives en Polynésie, avec un jour d'avance sur la métropole.

Avec un remake du premier tour très désagréable, pour ne pas dire insupportable, pour tout militant socialiste nécessairement intransigeant sur la laïcité.

Je vous raconte. La semaine dernière, après maintes hésitations, je me rends aux urnes, avec l'intention de voter pour le candidat que nous soutenons, à savoir Oscar Temaru. Je n'ai aucune confiance dans le personnage, sorte d'illuminé mystique, qui, du fait de ses outrances verbales et parfois même xénophobes, décrédibilise son combat de toujours, par ailleurs respectable,  à savoir l'indépendance de la Polynésie.

Mais bon. J'oublie le passé récent et son passage fumeux à la Présidence du gouvernement. Seul compte, me dis-je, le fait que mon petit rectangle de papier déposé dans une urne accroîtra le pourcentage de voix attribué à la gauche sur le plan national.

Et là, le choc, en découvrant le bulletin de vote en question. Au beau milieu dudit bulletin, une croix chrétienne... Je me pince, non je ne rêve pas. Une croix, blanche sur fond bleu, la couleur des indépendantistes. Je pénètre dans l'isoloir avec la liasse. Que faire ? J'examine tous les autres bulletins à la recherche hypothétique d'un quelconque candidat, je ne sais pas moi, d'extrême gauche ou écolo. Je ne vais quand même pas quitter le bureau de vote sans marquer un minimum mes attachements.

Rien... Voter centriste ? Hors de question !

J'ai donc, avec mes petits doigts musclés par des milliers d'heures de clavier informatique, minutieusement découpé la croix, et par conséquent, voté nul. Pour la première fois de ma vie, je n'ai pas pu voter à gauche. Traumatisant !

Le soir même, petit dîner entre amis. Tous de gauche. Tous du même avis sur la croix. Certains ont fait le choix du MODEM. Je ne les blâme pas.

Tout cela est d'autant plus navrant, que ce n'est pas un coup d'essai pour ce personnage. Dès qu'il fut élu Président en 2004, il fit accrocher une croix à l'assemblée territoriale. Cela provoqua un tel tollé qu'il dut se résoudre à la retirer. Cela n'a jamais empêché le PS de le soutenir, au nom du combat contre Gaston Flosse. Ni de gêner notre chère Ségolène quand elle évoque son ami Oscar, avec lequel elle se serait bien vu faire un tour de pirogue sur le lagon.

Je comprends bien qu'il faille, ici comme ailleurs, combattre la droite. Mais doit-on le faire au prix de renier une conviction républicaine fondamentale, la laïcité ?

Ma réponse est non, clairement non. Jamais !

Demain, je retournerai donc à l'échafaud électoral, muni d'un marqueur ou d'une paire de ciseaux à bouts ronds.

Demain, à Tahiti, la laïcité sera bafouée par ... la gauche.

Qu'un seul de nos responsables nationaux me lise.

Et me réponde.

Vite...

Prenez soin de vous.










Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Lundi 11 juin 2007
Soirée électorale à la télévision. La Droite a la victoire magnanime.

Le doucereux Xaxier  Bertrand,  l'insupportable Rachida  Dati,  le  vaniteux Copé,  et  la  potiche de service Valérie Pécresse,  ont  au  moins un  mérite à mes yeux  :  les  écouter  dans  une soirée électorale  me rappelle à  quel point je suis de  gauche.


Je me demande à quoi ça tient. Si ça se trouve, ces gens-là sont fort sympathiques dans le civil. 


Peut-être à la supercherie qu'ils entretiennent, le sourire ultra brite aux lèvres. La Droite a changé, elle aime tout le monde, elle est ouverte, que sais-je encore, il paraît que l'on a encore rien vu, la suite va être pire, pardon ... grandiose ! Je ne suis pas encore habitué, excusez-moi.


En tout cas, à l'UMP, ils sont forts sur la communication. On ne peut pas leur enlever cette qualité indispensable en politique par les temps qui courent.


Que dire de notre personnel de Gauche ?

Je ne comprends pas pourquoi Royal a fait une déclaration spéciale. Elle n'est pas notre première secrétaire que je sache, elle n'était pas non plus candidate à ces élections. Ou je comprends trop bien... Son ego surdimensionné la maintient dans une dangereuse illusion. Celle de croire qu'elle est, à elle seule, porteuse de nos espoirs. Désolé, cela ne me convient pas. Je ne parviens pas une seconde à me laisser séduire par la théorie de la femme providentielle. Comme la plupart des gens qui m'entourent, j'ai voté pour elle par défaut. Mais, bon, chut, il ne faut pas le dire trop fort, la Belle pourrait se réveiller...

Et les autres ? Manuel Valls a peu parlé, dommage, il fait partie de ceux, avec Benoît Hamon, Vincent Peillon et Razzye Hammadi qui me semblent avoir l'impertinence et la liberté d'esprit nécessaires pour entamer la refondation idéologique dont le socialisme français a besoin, sous peine de disparition à moyen terme.

Je ne vais pas me faire que des amis en écrivant des choses pareilles mais cela n'a aucune importance. Je ne suis pas un habitué de Solférino.

A part cela, et pour finir sur une note moins négative, j'ai une certaine sympathie pour François Hollande, sa vivacité d'esprit, son humour décalé. Mais je ne demande à personne de ressentir la même chose que moi.

On ne refera pas l'histoire de cette maudite élection interne qui nous a envoyés dans le mur.

Prenez soin de vous.



Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Dimanche 10 juin 2007
Je n'avais plus écouté Royal depuis un certain temps.

Pendant la campagne présidentielle, la forme de son discours m'avait flingué trop de neurones, quant au fond de sa pensée, comment dire, j'avais du mal à le cerner pour utiliser une formule euphémique.

En apprenant qu'elle était l'invitée du Grand Journal de Canal Plus, j'ai eu une hésitation devant la touche power de ma téloche, et, sans doute mû par une forme d'atavisme militant, j'ai pressé le bouton.

Il restait quelques secondes avant que Denisot ne l'interrogeât. Je me sentais fébrile. Je me rappelais les épisodes précédents, les phrases trop longues, l'absence totale de percussion du propos, l'abstraction parfois prononcée des énoncés, le débit monocorde, en clair le manque cruel de charisme du personnage.

J'étais d'autant plus inquiet que depuis quelques heures, Ségolène ne faisait plus mystère de son désir de leadership interne.

Vous l'aurez compris j'étais mal conditionné.

Je tentai de me rassurer en m'auto persuadant que tous ces défauts d'image avaient forcément été remarqués par des armées de communicants et transmis à qui de droit.

Tout cela en quelques secondes. Eh oui, quand j'ai peur, j'ai le cerveau qui travaille vite.

Je n'ai pas été déçu. Non, j'ai juste frôlé la rupture d'anévrisme.

Cela a commencé comme d'habitude par une digression de trois minutes là où une phrase de quelques mots aurait suffi. La question a d'ailleurs été reposée par Aphatie car les trois minutes sus nommées ne contenaient pas la réponse attendue. 

Cela s'est poursuivi par une bourde monumentale sur le chiffrage des annonces Sarlusconiennes. Au chiffre de 100 milliards d'Euros annoncé par Ségo, le journaliste a failli s'étrangler. Et moi avec. J'ai appelé immédiatement des amis en métropole pour savoir si l'Euro avait bien remplacé le Franc dans le Poitou aussi.

Et le reste dans la même veine. Enfin, je devrais écrire déveine.

Combien de temps cet autisme va-t-il encore durer ? La gauche ne vient-elle pas de perdre trois présidentielles successives ?

Il est urgent que nous perdions les élections, urgent que nous soyions enfin débarrassés de tout horizon électoral majeur afin de commencer à réfléchir à l'adaptation de nos valeurs de gauche à un monde en mouvement, urgent que nous ne choisissions pas de leader sans être clairs sur le projet, urgent que les ego surdimensionnés de certains et d'une certaine passent au second plan, urgent que chacun, socialiste ou non, s'exprime, urgent que le parisiannisme et la notabilité de nos élus et de nos cadres soient jetés aux poubelles de l'histoire, urgent de renouer le dialogue avec ceux que nous devrions représenter et défendre et qui, hélas, ne croient plus en nous.

Notre rupture à nous ne peut, ne doit pas être tranquille.

Prenez soin de vous.
Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Vendredi 8 juin 2007

Exit donc la problématique de la dette publique.

 

Elle s’alourdira. Dont acte. Le Président doit livrer ses cadeaux, en temps et sans heurts.

 

C’est-à-dire le plus vite possible. Le temps de notre somnolence post-électorale.

 

Le contempteur des gabegies d’hier ouvre le porte-monnaie. Droits de succession, intérêts d’emprunts, heures supplémentaires détaxées et défiscalisées. Cette dernière mesure est sans nul doute la plus trompeuse. On ne tardera pas à s’en apercevoir. Les syndicats, unanimes, sonnent déjà l’alerte.

 

Il ne faut en effet ni être grand clerc, ni nécessairement féru d’économie, pour imaginer les stratégies managériales qui vont découler de cette mesure par ailleurs malsaine quant à la défense de la « valeur travail ». On y reviendra.

 

Par ailleurs, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est confirmé par le Premier Ministre dans les mois à venir.

 

Gardons-nous à Gauche,  de faire un dogme absolu du maintien de la totalité des effectifs de la fonction publique. Des économies sont sans doute possible. Pourquoi ne pas le dire ? L’état n’a pas vocation à être présent partout, certes.

 

Une fois ce principe énoncé, on se sent plus à l’aise pour demander des prévisions précises à nos gouvernants.

 

Tout est dans le « combien » et dans le « où ». A l’école, à l’hôpital, aux impôts, dans la police, l’armée. Pour les deux dernières hypothèses, je plaisante, vous l’aurez compris.

 

Attendons donc. Ce qui n’exclut pas de se préparer à  la riposte en cas d’agression caractérisée du  service public.

 

Pendant ce temps, la Gauche se cherche un avenir. Ségolène, Dominique et Laurent marquent leurs territoires respectifs. Olivier se voit lui en rassembleur de la Gauche de la Gauche.

 

Les législatives à venir contiennent encore les volontés d’en découdre.

 

L’attente tient lieu de surmoi. 

 

La défaite risque bien d’être cathartique…


Prenez soin de vous.

 
 
 
 
Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Vendredi 1 juin 2007
"Selon un  sondage Opinionway pour le Figaro,  la grande majorité des premières réformes proposées par le  président Sarlusconi sont jugées très favorablement par les  Français."

"Selon cette étude 92% des sondés sont favorables à l'interdiction des parachutes dorés. Ils sont plus de 80% à accueillir favorablement la défiscalisation des intérêts d'emprunts immobiliers, la suppression  des  droits de succession, l'instauration des peines planchers ou encore la réforme de la justice des mineurs."

Dans la foulée et dans sa grande bonté, sa majesté Sarlusconienne devrait aussi proposer, dans les jours à venir et selon des sources autorisées :

- l'abaissement de la température de la planète
- l'allongement de l'espérance de vie aux alentours de 200 ans
- la disparition de la faim dans le monde
- la suspension immédiate de tous les accidents de la route
- la fin de toutes les maladies graves
- la construction pour chaque SDF d'un logement avec piscine
- l'apparition du jogging et du yachting comme discplines olympiques à Pékin en 2008

Dès l'annonce de ces mesures, un sondage Le Figaro - LCI, devrait publier un indice de satisfaction des Français de 150 % d'opinions positives.

Une nouvelle ère s'ouvre. Réjouissons nous chaque matin de notre bonheur retrouvé.

La camarade Arlette en plus fort. Rendez-vous compte ! Interdiction des Golden parachutes... Bigre. On nous prend pour des billes. Besancenot aurait été entrevu sortant de Matignon. Un nouveau pôle d'extrême gauche Sarlusconienne pourrait voir le jour.

Défiscalisation des intérêts.Ce n'est pas nouveau. Cela existe déjà dans la déclaration au réel de ses revenus fonciers, quand on est propriétaire bailleur. Il s'agit donc d'une généralisation pour l'habitation principale, si j'ai bien compris. Donc, plus on a d'argent, plus on peut contracter un gros emprunt, plus la somme annuelle des intérêts est élévée, plus on y gagne.
Soit. C'est la rupture tranquille.
Et si vous n'avez pas le salaire suffisant pour acquérir un logement, tant pis pour vous. Vous n'êtes pas concernés. Retournez à la case départ, ne recevez pas 20 000 francs.

Suppression des droits de succession. L'immense majorité des successions ne sont déjà que peu ou pas imposées, étant donné l'abattement général et les abattements particuliers qui existent dans la loi, sans même parler des donations. La suppression des droits permet donc aux seuls héritiers de patrimoine à partir de 500 000 Euros de gagner environ 20 000 Euros.
Soit. C'est la rupture tranquille.

L'instauration des peines planchers pour les mineurs récidivistes ou  la réforme de la justice pour ces mêmes mineurs. J'ai longuement écouté et lu Rachida Dati. Elle est elle-même totalement incapable pour l'heure de définir concrètement les grandes lignes de son projet de loi. Remarquez, elle aurait tort de s'inquiéter. Les Français sont déjà pour. Formidable.

Dans le même sondage, on ne pose pas la question de la dette publique alourdie par ces mesures fiscales.
Vous l'aurez lu ou remarqué, la dette n'est plus une priorité. On laisse couler et on table sur une croissance forte pour atténuer l'impact sur les finances du pays.  Ah tiens, j'avais cru entendre dans le débat télévisé de l'entre-deux tours, sa majesté Sarlusconienne railler sa rivale sur le même sujet.

Que n'entendrait-on pas si un président socialiste faisait la même chose !

Il est très tard dans la nuit ici.

Selon un sondage sorti des noct-urnes, mon corps est à 94 % pour aller se coucher.

Prenez soin de vous.
Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Jeudi 31 mai 2007
Une sale bronchite me cloue  à  la maison.  Le temps est  à l'humidité et  la  pollution de  Papeete  n'arrange rien.  Encore moins la cigarette, d'accord,  pas de culpabilisation.

La culpabilisation ne fonctionne bien qu'à l'envers. Tenez, rappelez vous la campagne de Sarlusconi. Oui, moi j'ai décidé une fois pour toutes de le surnommer ainsi. Tant pis si cela déplaît à certains. J'ai eu plusieurs périodes de recherches. Tour à tour, sur les forums, ah les forums, je l'ai appelé Sarkoutine, Sarkobush, Sarkophage. Ca dépendait, pour tout vous dire, de la personne à qui je m'adressais.

Mais je m'égare, on en était à la culpabilisation.

Dans la France de 2007 on est coupable de maux nouveaux :

- percevoir le RMI. C'est à dire être un fainéant. Un profiteur.
- ne pas gagner suffisamment d'argent. C'est être un looser.
- ne pas travailler assez. C'est contribuer au déclin de la France.
- être fonctionnaire. C'est être non rentable et surtout partciper à l'augmentation de la dette publique.
- souhaiter voir augmenter le SMIC. C'est vouloir ruiner son entreprise.
- vouloir se soigner gratuitement. C'est faire semblant d'être malade.
- pouvoir continuer à faire grève. C'est en passe de devenir un penchant pervers.

Chacun continuera la liste. Elle est longue, des sans papiers aux travailleurs immigrés forcément polygames. N'en rajoutons pas.

Ces nouvelles culpabilisations ont parfaitement fonctionné pour le nouveau locataire de l'Elysée. Une France contre une autre, le privé contre le public, les actifs contre les demandeurs d'emploi, etc.

Dans ce contexte, j'aurais bien aimé entendre quelques voix fortes et crédibles à Gauche.

Je ne dis pas qu'il n'y en eut pas. Certes, la LCR fit son boulot. Correctement, je dois dire. Avec toujours le même bémol et il est de taille : l'extrême gauche ne souhaite pas gouverner. Alors, oublions la ! Elle ne comptait donc pas...

Non, je veux dire dans la Gauche de gouvernenement. En clair le PS seul puisque ses alliés sont morts ou comateux. J'entends respectivement le PC et les Verts.

Je tourne autour du pot, vous l'aurez remarqué. Le pot étant notre candidate ! Elle a préféré le drapeau tricolore, j'aurais préféré le drapeau européen, encore que moi, les drapeaux ...( je vais me faire des ennemis, tant pis pour ceux dont le niveau de lecture ne leur permet pas l'accès à l'implicite ), les camps de rééducation pour les jeunes, notez bien que cela aurait occupé les militaires à autre chose que de s'entraîner à des guerres qu'ils ne feront jamais.

Le donnant bla-bla, l'ordre juste bla-bla, le "je tiens les deux bouts bla-bla". Et les fameux débats participatifs. La réunion de quartier comme réponse aux problèmes du Monde. Le Must !

L'apogée de sa communication fut la brebis dans les bras.

Ce jour-là, je me suis dit que j'étais en train de me faire manger la laine sur le dos.

Une campagne rétrograde voire passéiste, un discours pathétique de Mére Supérieure, pas de volonté de s'attaquer à la source réelle des problèmes, à savoir le profit, toujours plus de profits pour les uns, toujours moins de revenus du travail pour les autres...

J'en rajoute un peu. C'est sûrement la fièvre.

Heureusement, j'ai encore quelques médicaments remboursés.

Je vais en profiter.

Prenez soin de vous...


Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Mercredi 30 mai 2007
Je ne sais pas pour vous, mais en ce début de quinquennat Sarkozyste, je ressens des choses bizarres...

Tout d'abord, dès le 6 mai à 20 heures et jusqu'à maintenant, l'impression saugrenue que cet homme-là ne peut pas être le Président de la 5ème puissance mondiale.

Pour être tout à fait honnête avec moi-même, et donc avec vous, je crois que Ségo m'aurait fait à peu près la même impression.

Alors, je cherche des raisons.

Pour Sarkozy, facile. Il représente à peu près tout ce que je désapprouve. Le pouvoir personnel, l'ambition démesurée, avec ce côté Deus ex machina insupportable, conforté par son discours de Président du Monde à la salle Gaveau. Et puis ces manières de PDG s'apprêtant à gérer les affaires publiques comme celles d'une vulgaire Holding, ce Président joggeur mettant en scène sa sueur, sa Cécilia, sa famille recomposée, ses vacances, non décidément, j'ai du mal.

Pour Ségo, c'est plus compliqué. Normalement, on est de la même boutique, normalement donc on partage des valeurs communes. Et pourtant, rien n'y fait. Je vous jure, je me force, mais non ça ne passe pas. J'en arrive même à avoir de sérieuses inquiétudes s'il devait advenir qu'elle imposât son leadership sur le PS. Plus que jamais, je vivrais avec la désagréable sensation d'avoir à supporter Sarlusconi pendant 10 ans.

Ou alors, je deviens pessimiste, je suis traumatisé par cette très mauvaise campagne, tout va s'arranger, oui c'est cela, faudrait sans doute que je consulte...

Mais j'ai quand même du mal à oublier cette carte, là au fond de ma poche. Du mal à gommer de mon esprit les congrès, les motions, les contributions, les débats. Tout ça pour ça ?

Sarko / Ségo ou l'inverse, c'est peut-être avant tout la pipolisation qui les accompagne qui me met en rogne.

Une autre façon de faire de la poltique nous dit-on, une nouvelle génération. C'est pourtant la mienne de génération.

Je n'ai sans doute pas su rester jeune comme ces deux-là.

Il y a des trains que j'ai dû louper.

A moins que je ne fasse partie d'une espèce en voie de disparition.

C'est sûrement le réchauffement climatique et ses incidences sur la biodiversité intellectuelle.

Il faut que je me renseigne...

Et vous, ça va ?
Par JEAN-CLAUDE GHIO
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Mercredi 30 mai 2007
Pourquoi ce blog me direz-vous ? 

Etaler ses états d'âme,  exhiber ses pensées secrètes,  avouer  l'inavouable ?

Rien de tout cela...

Il m'est apparu que de temps à autre, et de plus en plus souvent à vrai dire, l'envie de m'exprimer et d'échanger sur certains sujets qui me tiennent à coeur,  cette envie donc se faisait pressante.

Le blog " iaorana04", que vous connaissez peut-être, compte déjà ses nombreux fidèles. Ils viennent y chercher, qui des nouvelles, qui de l'exotisme, qui un récit de voyages parfois décalé. J'observe chaque jour le flux montant du nombre de mes visiteurs, anonymes pour la plupart. Je n'ai pas hélas suffisamment de matière photographique fraîche pour satisfaire les appétits insatiables de certains d'entre eux.

J'éprouve aussi désormais le besoin de parler d'autre chose. Plus que de parler d'écrire. Parce que c'est le vecteur de communication qui me convient le mieux, qui me correspond, depuis longtemps, le plus.

Ainsi IMPOLITIS est né.

Impolitis, contraction de deux mots indispensables à toute pensée libre : Impertinence et Politique.

Parce que le discours politique sans impertinence, y compris face à ses idées, n'est qu'aliénation.

Parce que l'impertinence sans dimension politique n'est qu'amusement vain.

En cette période nouvelle qui s'ouvre en France, en ces temps de l'Avoir qui ont tué l'Etre, à nos claviers chers amis et visiteurs !

Je vous attends.


Par JEAN-CLAUDE GHIO
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