Jeudi 6 septembre 2007
Je viens de lire la lettre que notre hyper-Président vient d'envoyer aux éducateurs. On la télécharge sur le site du Ministère de l'Education. Notez, j'aurais pu attendre qu'elle me parvienne par la  poste puisque je fais partie des heureux destinataires.  Mais quand même, me suis-je dit,  le  Président qui nous adresse une missive de 32 pages,  il doit forcément  nous en dire des choses importantes là-dedans ! Alors, tant pis pour l'encre, je l'imprime, pensez donc, 32 pages sur un écran 15 pouces ça use les yeux...Et...Je la lis. Qu'en dire ?

Que les Sarlusconâtres me pardonnent, pas grand chose de bon.

Le type qui a écrit ça a une jolie plume. Un peu trop académique pour moi, mais chacun ses goûts. Je dis "le type" car j'imagine mal sa majesté Sarlusconienne passer 2 plombes à se taper une disserte se sachant par la suite lu par une tripotée de profs de Français soupçonneux linguistiquement. Quoique, notre Président ubiquiste ne dort jamais, alors qui sait ? Bon, passons sur la forme...

Le fond maintenant. 32 pages dont 28 de lieux communs, dans le genre "vous faites le plus beau métier du monde", "la Nation doit être fière de vous", "les élèves vous doivent le respect", bref poncifs habituels, brosse à reluire, propos de communicant classiques. On commence par flatter.

Quelques contradictions évidentes : "vous n'êtes pas assez rémunérés pour la tâche qui est la vôtre aussi nous allons augmenter vos salaires ... si vous travaillez davantage" Ben tiens, suffisait d'y penser.

Et puis, les solutions libérales tombent : suppression de la carte scolaire pour qu'il y ait moins de ségrégation - je rêve - examen d'entrée en sixième, d'entrée en seconde générale - mon rêve se prolonge - ouverture d'un dialogue de paix entre les religions - que vient faire l'école là-dedans - tisser des liens entre les entreprises et les écoles, resserrements des liens entre sportifs et enseignants - les profs d'EPS apprécieront, diminution des horaires des élèves, autonomie des établissements et bien évidemment, diminution du nombre de postes.

Bref, un modèle libéral se dessine pour l'école de la République.

Comme toujours, la tactique Sarlusconienne est habile. Rien n'est explicite. Mais la philosophie de la Droite décomplexée sous-tend en filigrane l'ensemble du propos.

Qu'on se le dise.

Et j'espère que nous serons quelques millions à nous le dire.

Amis de gauche, portez-vous bien.


par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 22 août 2007
La France  serait-elle à ce  point de  droite, qu'après 100 jours de règne de Sarlusconi,  65% de nos compatriotes se  satisferaient  grandement de l'action de  notre hyper-Président  ?

Autre explication. La gauche socialiste française serait-elle à ce point devenue inaudible que 65% de nos concitoyens considèreraient  qu'à tout prendre, l'ubiquité du grand commandeur pourrait servir de placebo ?

Dernière possibilité. Ce phénomène ne démontrerait-il pas tout simplement qu'un art consommé de la communication, relayé par des media complaisants, pourrait tenir lieu et place de pensée et d'action politiques ?

Chacun selon ses propres valeurs, son expérience politique, son degré de pessimisme, aura son explication.

Car enfin, à quoi assistons-nous de si extraordinaire en matière de résultats ? Le choc de confiance dont on nous rebattait les oreilles, si d'aventure l'Empereur de Neuilly était élu, n'a pour le moment pas eu lieu. Et n'en prend pas le chemin. La croissance est en berne, les chiffres de l'emploi trop bizarres pour être honnêtes, la dette se creuse inexorablement. Le paquet fiscal ne va pas tarder à montrer son vrai visage à savoir une redistribution de la richesse du bas vers le haut. Le droit de grève est sévèrement mis à mal, l'éducation nationale morfle comme jamais, la justice joue la montre à grands coups d'effets d'annonce.

Mais Nicolas 1er bouge, se montre, partout, impossible de lui échapper. 16 heures par jour de présence télévisuelle, toutes chaînes confondues. Le Roi Soleil ! Même ses vacances américaines sont soigneusement mises en scène. Cécilia a une angine ? Ma voisine aussi... On s'en tamponne le coquillard me direz-vous, eh bien non, 65% des Français ne s'en tamponnent rien du tout, ils aiment...

Plus besoin d'acheter tous ces magazines voyeuristes, tout est bien organisé en Sarlusconie. C'est toujours ça d'économisé. Cela contribue donc à la hausse du pouvoir d'achat des ménages. Nico se rend à déjeuner chez dubble-you ? L'homme le plus détesté de la Terre. Un commentaire sur la portée politique du geste ? Que nenni ! Mais le menu du pique-nique, oui ! Nicolas 1er légitimise la dictature lybienne. Une critique quelque part dans un grand media ? Re-nenni. Rien de grave puisque les infirmières sont libérées.

Cela peut-il durer ? Oui, sans nul doute. Tant que le processus identificatoire, qui fait qu'un grand nombre de nos concitoyens jugent l'action présidentielle au travers de filtres dont ils ignorent l'existence, durera.

Nous sommes, depuis le 6 mai, entrés dans une ère d'oppression douce. Une forme de populisme démagogique clinquant et subliminal.

Nombreux sont ceux qui vont s'en satisfaire.

Gardons en mémoire cette phrase du regretté Coluche : " tout ce que je demande, c'est qu'on ne me demande rien ! "

Amis de gauche, portez-vous bien.

par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 6 juillet 2007
Les effets miracles du bouclier fiscal à 60%.

Un contribuable parisien s'est vu remettre récemment un chèque de 37 millions d'euros. Petit cadeau d'un gouvernement de droite pour un pauvre dans le besoin.

Mieux, avec le nouveau bouclier, ramené cette fois à 50%, il peut s'attendre à une très nette amélioration de ses remboursements de trop perçu en 2008.

Le Président applique son programme. Pendant ce temps, les smicards n'auront pas le droit à à un coup de pouce en juillet. Infaisable, trop risqué pour les finances des entreprises.

On nous prend pour des ânes...

Les droits de succession vont être supprimés, pour les riches héritiers. Pour les autres, c'est-à-dire l'immense majorité de nos concitoyens, cette mesure ne changera pas grand chose, voire rien.

On nous prend pour des billes...

Les heures supplémentaires vont être défiscalisées et déchargées socialement. Pour ceux qui peuvent en faire évidemment, et surtout sans aucune autre garantie de financement que la réduction drastique du nombre de fonctionnaires. Pire, en commission des finances de l'assemblée, la Ministre n'a pas été d'une clarté absolue sur le fait que certains accords de branches, plus favorables aux salariés, pourraient rester valables.

Petit problème pour le gouvernement. Le paquet fiscal va coûter à la nation 13 milliards d'euros minimum en année pleine. En comparaison, la suppression annoncée des fonctionnaires dans le budget 2008 va rapporter 1 milliard, et encore péniblement. Le rapport est donc de 1 à 15.

Solution du problème à moyen terme. Une augmentation obligatoire des prélèvements. On aura travaillé plus pour gagner plus, quand on a la chance d'avoir un emploi, mais on paiera in fine plus d'impôts pour compenser les cadeaux faits aux plus riches. Gageons que l'habile Sarlusconi, aidé en cela par des media aux ordres, trouvera quelque subterfuge pour nous faire avaler l'amère potion.

On nous prend pour des décérébrés...

Les plans Fillon et Douste Bla-Bla montrent leur inefficacité pour réduire le trou de la sécurité sociale et au-delà le problème des retraites. Mais c'est de notre faute, à nous les malades. Il faut nous responsabliser. Certes, c'est en partie vrai, mais l'arnaque réside dans le "en partie". Pourquoi les seuls patients devraient-ils faire un effort ? Parce qu'on ne touche pas aux lobbies pharmaceutiques, parce qu'on ne souhaite pas égratigner les revenus des médecins libéraux qui votent à 90% à droite... Parce qu'on redistribue de moins en moins la richesse à ceux qui la produisent. Parce que les fonds de pension ont des obligations de rentabilité vis à vis de leurs souscripteurs.

On nous prend pour des lobotomisés.

Je me suis laissé aller ce soir à regarder le 20 heures de TF1. Hallucinant. De superficialité, d'insignifiance, de platitude éditoriale, de courants d'air pseudo-informatifs. Quand je pense qu'une grande majorité de français ne fonde ses opinions que sur ce type de niaiseries, j'ai quelques angoisses sur le futur. Je parle de TF1 mais le service public ne fait pas mieux.

Sarlusconi et ses nouveaux amis de "gauche" peuvent oeuvrer tranquillement. Le temps du réveil viendra mais il sera déjà bien tard. Le mal sera fait.

Pendant ce temps, au PS, tout fout le camp. Valls trouve le discours de Fillon respectable, rayé de ma liste aussi celui-là. Le problème, enfin ce qui m'énerve le plus, c'est cette espèce de compte-gouttes. C'est insupportable à la fin. Je propose donc qu'on organise un nouveau vote interne au PS. A corps debout, ça ira plus vite pour la suite. Que tous ceux qui pensent comme Sarlusconi, qui sont sous le charme de sa majesté, que tous ceux qui finalement se sentent de droite se lèvent et s'en aillent. Il n'y aura qu'un seul appel. On y gagnera en clarté. En cohérence. En volonté sincère de rénovation ou de refondation. Peu importe le terme.

Amis de gauche, prenez soin de vous.


par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 3 juillet 2007
L'homme politique Sarlusconi est habile.  Mais il joue sur du velours. 

Après les Kouchner et autres Amara et Bockel, on nous assure que l'ouverture va continuer. Au tour de Védrine et de Lang. Le magasin est ouvert, servez-vous, on solde.

On en concluera ce que l'on voudra en fonction de ses propres interprétations. Attraction du pouvoir, tropisme centriste, triomphe de la pensée unique, certes un peu de tout cela mais pas seulement. La réalité est ailleurs, dans le marigot intellectuel, idéologique, moral et politique de la gauche de gouvernement.

On voudrait continuer à nous faire croire au PS, que ce ne seraient là que débauchages individuels. L'argument a fait long feu.

Que certains et pas des moindres - je pense à l'ancien Ministre des Affaires Etrangères - puissent ainsi aller, du jour au lendemain, travailler à la réussite du camp adverse, en dit long sur l'état de déliquescence du Parti Socialiste.

Que d'autres deviennent ministres de Droite aussi naturellement et avec une telle décontraction - j'évoque ici le French Doctor - nous rappelle cruellement la dangereuse et peut-être fatale hétérogénéité du seul parti d'alternance à l'UMP.

La construction d'Epinay est-elle devenue caduque ? L'heure ne serait-elle pas venue de raser l'édifice. Pouvons-nous encore vivre tous ensemble sous le même toît ? Questions pour le moment reportées. Taboues. Trop d'enjeux électoraux, de chapelles, de notables qui s'accrochent à leurs illusoires prérogatives.

Impression qu'on retarde le divorce. Pour les enfants, pardon les militants.

Imaginons une scission. Quel serait leur choix ? L'opposition permanente ou la concession centriste... Bel avenir.

J'en rajoute. Sans doute parce que je viens de recevoir ma nouvelle carte.

Fédération de l'Etranger, section des ... isolés. Cela ne s'invente pas !

Politiquement je suis déjà à la DDASS.

Délégation Des Adhérents Socialistes Solitaires.

Prenez soin de vous.


par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 25 juin 2007
"Le  Parti  Socialiste  n'appartient pas à ses dirigeants".

Voilà bien une phrase que j'accepterais de cosigner. Hélas pas avec celle qui l'a prononcée, à savoir Ségolène Royal.

Car, qui mieux qu'elle dans nos rangs, donne l'impression de vouloir passer outre les statuts et l'expression militante en s'auto promulgant candidate pour 2012 ?

Le PS n'appartient pas à ses dirigeants, certes. Mais il est encore moins la propriété de Madame Royal. Tenter de retirer des 47 % du second tour une quelconque légitimité personnelle relève de la supercherie intellectuelle, ou pire d'un ego surdimensionné. A moins que ce ne soit les deux.

Le PS n'a pas besoin des états d'âme de Ségolène en ces temps difficiles. Qu'elle se les garde !

Comme de manière générale la Nomenklautra socialiste.

Les questions auxquelles nous avons à répondre sont d'une autre importance.

Quel discours retrouver à l'égard de ceux qui nous ont quitté ?

Quelles réponses à la mondialisation, à l'immigration de la misère, à la sécurité publique, à l'avènement de l'individualisme triomphant, à la valeur travail, au mérite, à la crise de l'école et des universités, à la problématique nord-sud, au dérèglement climatique, à la construction Européenne, aux difficultés des quartiers, à la désespérance d'une partie de la jeunesse ?

La liste est bien longue des réflexions de fond que nous avons à mener collectivement et avec tous ceux que nous pourrons associer.

Alors, militons, écrivons, réfléchissons, osons la contradiction, brisons les tabous, retrouvons un langage audible.

Le reste n'est qu'affligeant spectacle.

Le reste nous déshonore et nous démobilise.

Prenez soin de vous.

par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 21 juin 2007
Les sémantico-maniaques, dont je  fais  hélas partie, auront noté le  phénomène.

En France on n'est plus de "Droite" mais "Sarkozyste".

Ce qui revient à comprendre qu'une nouvelle idéologie est née, là récemment sous nos yeux, sans que nous y prenions garde.

Qu'est donc que le Sarkozysme ?

Résumons. On ne va pas y passer la nuit non plus.


Un homme fort, dont on loue les mérites incommensurables à longueur d'interviews, d'articles et de reportages. Cet homme est naturellement bon, tourné vers les autres, tolérant, ouvert au dilaogue, calme, humaniste, souriant, respectueux.

Puisqu'on nous l'affirme...

Une philosophie simple : on est ce que l'on a accepté ou souhaité de devenir.

Simple, on vous dit.

Une idéologie économique incontestable reposant sur quelques bases solides : le marché, le MEDEF, la rentabilité. Imparable dans la mesure où, c'est bien connu, chacun peut devenir petit patron, puis moyen et ensuite grand, avant d'entrer au CAC 40.

Si si, revenezà la ligne "philosophie".

Une technique de constitution de gouvernement : des gens de droite, des gens dont on fait croire qu'ils sont encore de gauche, des vrais-faux centristes, des radicaux libres, des noirs, des beurs, des anciens motards, des anciennes insoumises, des futurs ex sélectionneurs de rugby, des humoristes politiques, je dois en oublier. Vous rajouterez vous-mêmes.  L'objectif est clair : nous amener, tous autant que nous sommes, à nous retrouver dans l'un des personnages de ce catalogue à la Prévert.

S'identifier pour y croire. C'est assez subliminal et pour le moment relativement performant en terme de communication.

Heureusement que Maxime Le Forestier n'est pas à Matignon, car si ça se trouve, aujourd'hui je serais Sarkozyste, mais pas de Droite hein, entendons-nous bien.

Chacun remplacera Le Forestier par qui il souhaite. Pour s'identifier à mon propos.

Mince, serais-je atteint ?

par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 19 juin 2007
Vie privée, vie publique.

Le titre d'une émission de télévision et, depuis hier,  l'autre actualité du PS. Celle dont on se passerait. No comment.

Passons vite à autre chose. Ah si, quand même, le titre du livre : Les coulisses d'une défaite.

J'ajouterais "annoncée".

Car on avait tout ce qu'il fallait pour perdre :

- un couple, qui plus est mal en point, aux deux manettes principales.
- une candidate très peu charismatique.
- une dichotomie de campagne électorale.
- une campagne interne tardive et sans nul doute porteuse de divisions.
- des sondages en trompe l'oeil.
- une offre d'adhésion en solde sur le Net.
- des responsables nationaux usés.

- un adversaire redoutable.
- et surtout, et avant tout, un corpus idéologique flou entraînant des propositions inaudibles.

Tout recommence donc maintenant.

Mal pour le moment, j'ai l'impression. Mais je suis d'un naturel pessimiste, vous l'aurez remarqué.

Déjà des ambitions affirmées de leadership.

Déjà des propositions de changement de nom pour le PS.

Déjà donc, la fin avant le début.

Continuons donc. Cela nous permettra à coup sûr de remporter les municipales et très certainement les régionales. Puisque depuis un temps certain maintenant, ce sont les rôles secondaires que nous assigne l'électorat.

On a glosé pendant longtemps sur " la droite la plus bête du monde ". Souvenez-vous...

Comment définir une gauche qui, naturellement, devrait réunir sous sa bannière l'essentiel des travailleurs pauvres, des ouvriers et des classes moyennes, c'est-à-dire la majorité absolue de nos concitoyens et qui chroniquement, se fait coiffer dans les urnes par les chantres du libéralisme économique ?

Je vous laisse à votre imagination.


Portez-vous bien.











par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 16 juin 2007

Demain, second tour des législatives en Polynésie, avec un jour d'avance sur la métropole.

Avec un remake du premier tour très désagréable, pour ne pas dire insupportable, pour tout militant socialiste nécessairement intransigeant sur la laïcité.

Je vous raconte. La semaine dernière, après maintes hésitations, je me rends aux urnes, avec l'intention de voter pour le candidat que nous soutenons, à savoir Oscar Temaru. Je n'ai aucune confiance dans le personnage, sorte d'illuminé mystique, qui, du fait de ses outrances verbales et parfois même xénophobes, décrédibilise son combat de toujours, par ailleurs respectable,  à savoir l'indépendance de la Polynésie.

Mais bon. J'oublie le passé récent et son passage fumeux à la Présidence du gouvernement. Seul compte, me dis-je, le fait que mon petit rectangle de papier déposé dans une urne accroîtra le pourcentage de voix attribué à la gauche sur le plan national.

Et là, le choc, en découvrant le bulletin de vote en question. Au beau milieu dudit bulletin, une croix chrétienne... Je me pince, non je ne rêve pas. Une croix, blanche sur fond bleu, la couleur des indépendantistes. Je pénètre dans l'isoloir avec la liasse. Que faire ? J'examine tous les autres bulletins à la recherche hypothétique d'un quelconque candidat, je ne sais pas moi, d'extrême gauche ou écolo. Je ne vais quand même pas quitter le bureau de vote sans marquer un minimum mes attachements.

Rien... Voter centriste ? Hors de question !

J'ai donc, avec mes petits doigts musclés par des milliers d'heures de clavier informatique, minutieusement découpé la croix, et par conséquent, voté nul. Pour la première fois de ma vie, je n'ai pas pu voter à gauche. Traumatisant !

Le soir même, petit dîner entre amis. Tous de gauche. Tous du même avis sur la croix. Certains ont fait le choix du MODEM. Je ne les blâme pas.

Tout cela est d'autant plus navrant, que ce n'est pas un coup d'essai pour ce personnage. Dès qu'il fut élu Président en 2004, il fit accrocher une croix à l'assemblée territoriale. Cela provoqua un tel tollé qu'il dut se résoudre à la retirer. Cela n'a jamais empêché le PS de le soutenir, au nom du combat contre Gaston Flosse. Ni de gêner notre chère Ségolène quand elle évoque son ami Oscar, avec lequel elle se serait bien vu faire un tour de pirogue sur le lagon.

Je comprends bien qu'il faille, ici comme ailleurs, combattre la droite. Mais doit-on le faire au prix de renier une conviction républicaine fondamentale, la laïcité ?

Ma réponse est non, clairement non. Jamais !

Demain, je retournerai donc à l'échafaud électoral, muni d'un marqueur ou d'une paire de ciseaux à bouts ronds.

Demain, à Tahiti, la laïcité sera bafouée par ... la gauche.

Qu'un seul de nos responsables nationaux me lise.

Et me réponde.

Vite...

Prenez soin de vous.










par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Lundi 11 juin 2007
Soirée électorale à la télévision. La Droite a la victoire magnanime.

Le doucereux Xaxier  Bertrand,  l'insupportable Rachida  Dati,  le  vaniteux Copé,  et  la  potiche de service Valérie Pécresse,  ont  au  moins un  mérite à mes yeux  :  les  écouter  dans  une soirée électorale  me rappelle à  quel point je suis de  gauche.


Je me demande à quoi ça tient. Si ça se trouve, ces gens-là sont fort sympathiques dans le civil. 


Peut-être à la supercherie qu'ils entretiennent, le sourire ultra brite aux lèvres. La Droite a changé, elle aime tout le monde, elle est ouverte, que sais-je encore, il paraît que l'on a encore rien vu, la suite va être pire, pardon ... grandiose ! Je ne suis pas encore habitué, excusez-moi.


En tout cas, à l'UMP, ils sont forts sur la communication. On ne peut pas leur enlever cette qualité indispensable en politique par les temps qui courent.


Que dire de notre personnel de Gauche ?

Je ne comprends pas pourquoi Royal a fait une déclaration spéciale. Elle n'est pas notre première secrétaire que je sache, elle n'était pas non plus candidate à ces élections. Ou je comprends trop bien... Son ego surdimensionné la maintient dans une dangereuse illusion. Celle de croire qu'elle est, à elle seule, porteuse de nos espoirs. Désolé, cela ne me convient pas. Je ne parviens pas une seconde à me laisser séduire par la théorie de la femme providentielle. Comme la plupart des gens qui m'entourent, j'ai voté pour elle par défaut. Mais, bon, chut, il ne faut pas le dire trop fort, la Belle pourrait se réveiller...

Et les autres ? Manuel Valls a peu parlé, dommage, il fait partie de ceux, avec Benoît Hamon, Vincent Peillon et Razzye Hammadi qui me semblent avoir l'impertinence et la liberté d'esprit nécessaires pour entamer la refondation idéologique dont le socialisme français a besoin, sous peine de disparition à moyen terme.

Je ne vais pas me faire que des amis en écrivant des choses pareilles mais cela n'a aucune importance. Je ne suis pas un habitué de Solférino.

A part cela, et pour finir sur une note moins négative, j'ai une certaine sympathie pour François Hollande, sa vivacité d'esprit, son humour décalé. Mais je ne demande à personne de ressentir la même chose que moi.

On ne refera pas l'histoire de cette maudite élection interne qui nous a envoyés dans le mur.

Prenez soin de vous.



par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 10 juin 2007
Je n'avais plus écouté Royal depuis un certain temps.

Pendant la campagne présidentielle, la forme de son discours m'avait flingué trop de neurones, quant au fond de sa pensée, comment dire, j'avais du mal à le cerner pour utiliser une formule euphémique.

En apprenant qu'elle était l'invitée du Grand Journal de Canal Plus, j'ai eu une hésitation devant la touche power de ma téloche, et, sans doute mû par une forme d'atavisme militant, j'ai pressé le bouton.

Il restait quelques secondes avant que Denisot ne l'interrogeât. Je me sentais fébrile. Je me rappelais les épisodes précédents, les phrases trop longues, l'absence totale de percussion du propos, l'abstraction parfois prononcée des énoncés, le débit monocorde, en clair le manque cruel de charisme du personnage.

J'étais d'autant plus inquiet que depuis quelques heures, Ségolène ne faisait plus mystère de son désir de leadership interne.

Vous l'aurez compris j'étais mal conditionné.

Je tentai de me rassurer en m'auto persuadant que tous ces défauts d'image avaient forcément été remarqués par des armées de communicants et transmis à qui de droit.

Tout cela en quelques secondes. Eh oui, quand j'ai peur, j'ai le cerveau qui travaille vite.

Je n'ai pas été déçu. Non, j'ai juste frôlé la rupture d'anévrisme.

Cela a commencé comme d'habitude par une digression de trois minutes là où une phrase de quelques mots aurait suffi. La question a d'ailleurs été reposée par Aphatie car les trois minutes sus nommées ne contenaient pas la réponse attendue. 

Cela s'est poursuivi par une bourde monumentale sur le chiffrage des annonces Sarlusconiennes. Au chiffre de 100 milliards d'Euros annoncé par Ségo, le journaliste a failli s'étrangler. Et moi avec. J'ai appelé immédiatement des amis en métropole pour savoir si l'Euro avait bien remplacé le Franc dans le Poitou aussi.

Et le reste dans la même veine. Enfin, je devrais écrire déveine.

Combien de temps cet autisme va-t-il encore durer ? La gauche ne vient-elle pas de perdre trois présidentielles successives ?

Il est urgent que nous perdions les élections, urgent que nous soyions enfin débarrassés de tout horizon électoral majeur afin de commencer à réfléchir à l'adaptation de nos valeurs de gauche à un monde en mouvement, urgent que nous ne choisissions pas de leader sans être clairs sur le projet, urgent que les ego surdimensionnés de certains et d'une certaine passent au second plan, urgent que chacun, socialiste ou non, s'exprime, urgent que le parisiannisme et la notabilité de nos élus et de nos cadres soient jetés aux poubelles de l'histoire, urgent de renouer le dialogue avec ceux que nous devrions représenter et défendre et qui, hélas, ne croient plus en nous.

Notre rupture à nous ne peut, ne doit pas être tranquille.

Prenez soin de vous.
par JEAN-CLAUDE GHIO
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Dernier article

Liens

Présentation

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus